Perchée sur une colline au cœur de l’Istrie, Motovun ressemble à une apparition. Ses remparts, ses ruelles de pierre et son clocher dominent une mer de vignes, de forêts et de villages paisibles. On y vient pour son atmosphère médiévale, ses truffes, ses paysages vallonnés… et, lorsque l’on voyage avec une sensibilité naturiste, pour retrouver cet équilibre précieux entre découverte culturelle et communion avec la nature.
Mais soyons clairs dès le départ : Motovun n’est pas une station naturiste et la nudité n’y est pas autorisée dans les rues, sur les places ou aux abords des monuments. Le naturisme se pratique dans des lieux prévus à cet effet, principalement sur le littoral istrien. La bonne idée consiste donc à associer la visite de Motovun à un séjour dans un camping naturiste ou un centre naturiste de la côte. Une manière douce de passer, en quelques heures, de la fraîcheur des collines à la chaleur de l’Adriatique.
Motovun, une ville suspendue entre ciel et forêt
La première fois que l’on aperçoit Motovun, on comprend pourquoi cette cité fascine autant. Elle semble posée au sommet d’un pain de sucre verdoyant, entourée par la vallée de la Mirna. La route serpente entre les vignes et les bois, puis la silhouette de la ville fortifiée apparaît au loin, couronnée par son campanile.
Cette position élevée n’est pas le fruit du hasard. Au Moyen Âge, contrôler la colline de Motovun permettait de surveiller les voies de communication de l’intérieur de l’Istrie. Aujourd’hui, les anciennes fortifications offrent surtout un panorama remarquable. Par temps dégagé, le regard glisse sur les collines boisées, les villages aux toits rouges et les rangées de vignes qui dessinent le paysage comme les lignes d’un grand carnet de voyage.
Je conseille d’arriver tôt le matin, avant que les ruelles ne se remplissent. La lumière est alors plus douce et les pierres semblent encore garder le silence de la nuit. En fin de journée, le soleil transforme les façades en nuances dorées. Entre ces deux moments, Motovun vit tranquillement, avec ses cafés, ses petites boutiques et ses visiteurs venus goûter à l’atmosphère singulière de cette cité istrienne.
Comment accéder au centre historique
Motovun est située dans l’arrière-pays, à environ une demi-heure de route de la côte selon votre point de départ. La ville haute est en grande partie piétonne. Les visiteurs laissent généralement leur véhicule sur les parkings situés au pied de la colline, puis rejoignent l’entrée historique à pied ou avec une navette lorsque celle-ci fonctionne.
La montée n’est pas interminable, mais elle peut être assez raide, surtout sous le soleil estival. De bonnes chaussures, une bouteille d’eau et un chapeau rendront l’ascension beaucoup plus agréable. Pour les personnes ayant des difficultés à marcher, mieux vaut se renseigner à l’avance sur les possibilités de transport et les horaires des navettes.
Une fois arrivé près de la porte de la ville, prenez le temps de franchir les remparts sans vous presser. Motovun se découvre davantage par petites touches que dans une course aux monuments. Une porte voûtée, une fenêtre ancienne, une plante qui s’échappe d’un mur… Chaque détail raconte une histoire.
Les remparts : la promenade à ne pas manquer
La promenade sur les remparts constitue le moment le plus marquant de la visite. Le chemin est relativement court, mais il offre une succession de points de vue sur la vallée de la Mirna. On y observe les collines couvertes de forêts, les vignobles et les cultures qui composent le paysage agricole de l’Istrie.
Par temps clair, la lumière donne aux reliefs une douceur presque irréelle. On comprend alors pourquoi cette région attire les peintres, les photographes et tous ceux qui aiment voyager sans programme trop rigide. Il suffit parfois de s’asseoir quelques minutes contre un mur de pierre pour sentir le rythme ralentir.
La promenade n’est pas un espace naturiste. Même si les remparts sont ouverts sur la nature et que l’on peut y ressentir une grande liberté, la tenue vestimentaire reste de mise. Le naturisme repose aussi sur le respect des lieux et des personnes qui les fréquentent. La liberté des uns ne doit jamais devenir une gêne pour les autres.
Une immersion dans l’histoire médiévale
Le centre historique de Motovun se parcourt facilement à pied. La place centrale, dominée par l’église Saint-Étienne et son clocher, forme le cœur de la cité. Les maisons en pierre, les passages étroits et les escaliers rappellent les différentes périodes de l’histoire istrienne, marquée par les influences romaines, vénitiennes, autrichiennes et croates.
Le campanile, haut et élégant, est l’un des symboles de Motovun. L’église actuelle a été construite à l’époque vénitienne, tandis que les remparts et la structure urbaine témoignent d’une histoire beaucoup plus ancienne. Il est agréable de lever les yeux : les détails architecturaux sont parfois discrets, mais ils donnent à la ville son caractère.
Motovun est également associée à Veli Jože, un personnage légendaire de la littérature croate. Ce géant bienveillant, symbole de la force et de la liberté du peuple istrien, appartient à l’imaginaire local. Les enfants aiment cette histoire, et les adultes y trouvent une belle invitation à regarder la région autrement, entre réalité historique et poésie populaire.
La truffe, trésor caché de la forêt
La forêt qui s’étend autour de Motovun est réputée pour ses truffes. Ce champignon mystérieux pousse sous terre, souvent à proximité des chênes, et sa recherche se fait traditionnellement avec des chiens spécialement dressés. Une promenade dans cette région peut donc prendre des airs de chasse au trésor, même si le trésor reste invisible jusqu’au dernier moment.
Dans les restaurants de Motovun et des environs, la truffe se déguste de nombreuses façons : avec des pâtes fraîches, des œufs, du fromage, parfois simplement râpée sur un plat de saison. Son parfum est puissant, terreux, presque animal. Il ne laisse personne indifférent. Personnellement, j’aime l’associer à une cuisine simple, car la truffe n’a pas besoin d’être noyée sous une multitude d’ingrédients.
Les produits locaux méritent également votre attention : huile d’olive, vins d’Istrie, miel, fromages et charcuteries artisanales. Les cépages malvazija et teran accompagnent volontiers les spécialités régionales. Une dégustation dans un domaine viticole des alentours permet de prolonger la visite tout en découvrant le travail patient des producteurs.
Peut-on pratiquer le naturisme à Motovun ?
La réponse est simple : non, pas dans la ville elle-même. Motovun est un site culturel et touristique où il convient de porter une tenue adaptée aux visites, aux restaurants et aux espaces publics. Il n’existe pas, à ma connaissance, de plage naturiste ni de camping naturiste dans le centre historique ou dans son environnement immédiat.
Cette précision est importante pour éviter les malentendus. Le naturisme ne signifie pas se dévêtir partout où la nature est belle. Il s’inscrit dans un cadre, avec des règles et une attention particulière portée aux autres. À Motovun, on profite donc de la nature habillé, puis l’on retrouve la nudité dans un lieu dédié, au bord de l’Adriatique ou dans un hébergement naturiste.
Cette alternance me plaît beaucoup. Une matinée consacrée aux vieilles pierres, un déjeuner parfumé à la truffe, puis le retour vers la côte pour nager nu dans une crique autorisée : voilà une journée équilibrée, riche de sensations différentes. Le voyage naturiste ne se résume pas à rester sur la plage. Il permet aussi de découvrir un pays dans toute sa diversité.
Quels lieux naturistes associer à la visite ?
La côte ouest de l’Istrie est particulièrement connue pour son offre naturiste. Plusieurs centres et campings accueillent les vacanciers dans des environnements boisés, en bord de mer ou à proximité de villages historiques. Les distances varient selon votre lieu de séjour, mais Motovun peut généralement être visitée en excursion à la journée.
- Koversada, près de Vrsar, est l’un des lieux naturistes les plus célèbres de Croatie. Le site s’étend dans un environnement méditerranéen et propose différents espaces de baignade et d’hébergement.
- Valalta, près de Rovinj, est un vaste centre naturiste apprécié pour ses infrastructures, ses plages et son ambiance familiale.
- Solaris, dans la région de Poreč, offre un cadre naturel avec des zones boisées et un accès à la mer.
- Ulika, également proche de Poreč, est un camping naturiste entouré de pins, avec plusieurs espaces de baignade.
- Kanegra, au nord-ouest de l’Istrie, permet de combiner séjour naturiste et découverte de la région de Savudrija.
Les conditions d’accès, les périodes d’ouverture et les règles peuvent évoluer. Avant de partir, vérifiez toujours les informations officielles du centre choisi. Certains lieux accueillent les visiteurs à la journée, d’autres privilégient leurs résidents ou appliquent des horaires précis. Cette petite vérification évite bien des déconvenues, surtout en haute saison.
Une journée idéale entre Motovun et la mer
Pour profiter pleinement de la région, je vous suggère de commencer par Motovun le matin. Les températures sont plus agréables et la lumière sublime les paysages. Après la visite des remparts et du centre historique, installez-vous dans une petite auberge pour goûter aux spécialités locales.
Vous pouvez ensuite prendre la route vers un domaine viticole ou vers une autre ville de l’intérieur, comme Grožnjan, autre village perché plein de charme. Si vous préférez rejoindre la côte, prévoyez suffisamment de temps pour le trajet et gardez en tête que les routes istriennes peuvent être sinueuses.
En fin d’après-midi, retour dans votre camping ou centre naturiste. Une baignade, quelques longueurs dans une piscine, une sieste à l’ombre des pins… Le corps se délasse après la marche et l’esprit conserve les images de la journée. C’est dans ces moments simples que je ressens le mieux l’harmonie recherchée dans le naturisme : être soi-même, sans artifice, mais toujours avec délicatesse envers son environnement.
Conseils pratiques pour une visite sereine
- Prévoyez des chaussures confortables pour les pavés, les escaliers et les chemins parfois irréguliers.
- Emportez de l’eau, surtout entre juin et septembre, car l’ombre est limitée sur certaines portions des remparts.
- Visitez Motovun tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter les fortes chaleurs et la fréquentation maximale.
- Respectez les propriétés privées, les cultures et les sentiers balisés lors des promenades dans la campagne.
- Réservez une table si vous souhaitez dîner dans un restaurant réputé, particulièrement pendant les festivals et les mois d’été.
- Ne vous déshabillez que dans les espaces explicitement dédiés au naturisme.
- Vérifiez les règles de votre camping concernant les enfants, les animaux, les photos et l’accès des visiteurs extérieurs.
- Prévoyez de l’argent liquide pour certains petits commerces, parkings ou producteurs locaux, même si les cartes sont largement acceptées.
Quand découvrir Motovun ?
Le printemps est une saison magnifique pour explorer l’Istrie. Les collines sont verdoyantes, les températures agréables et les sentiers invitent à la marche. L’automne possède un charme particulier, notamment pendant la saison des truffes. Les couleurs deviennent plus chaudes et l’atmosphère plus paisible après le départ d’une partie des visiteurs estivaux.
L’été reste la période la plus animée. Les festivals, les concerts et les événements gastronomiques donnent vie à la cité, mais la chaleur peut être intense et les parkings rapidement remplis. Si vous choisissez cette saison, partez tôt et réservez votre hébergement naturiste plusieurs mois à l’avance.
L’hiver révèle un autre visage de Motovun, plus silencieux et parfois brumeux. Certains établissements fonctionnent au ralenti, mais la ville gagne alors une atmosphère presque théâtrale. Les collines disparaissent dans la brume, les pierres semblent plus anciennes encore, et l’on goûte pleinement cette sensation de voyager hors du temps.
Motovun, une étape qui élargit le voyage naturiste
Découvrir Motovun lorsque l’on aime le naturisme, c’est accepter de sortir du seul cadre balnéaire. Ici, pas de plage où poser sa serviette ni de baignade sans maillot. En échange, la ville offre une autre forme de liberté : celle de marcher dans un paysage préservé, de contempler un horizon vaste et de rencontrer une culture profondément attachée à sa terre.
Entre une dégustation de truffe, une promenade sur les remparts et une soirée nue sous les pins de la côte, l’Istrie compose un voyage riche et nuancé. Motovun y occupe une place particulière, comme une parenthèse minérale au milieu des forêts et des vignes. Une cité à visiter avec curiosité, respect et cette lenteur heureuse qui permet aux paysages de vraiment entrer en nous.
