Quand on regarde une carte de la Croatie, on comprend vite pourquoi le pays attire les voyageurs en quête de mer et de nature : une longue côte découpée, plus d’un millier d’îles et des paysages qui changent au fil des kilomètres. Pour les naturistes, cette géographie est une invitation à explorer. Des criques d’Istrie aux îles de Dalmatie, les possibilités ne manquent pas, à condition de savoir où poser sa serviette.
Je vous propose un petit voyage à travers la carte, du nord au sud, avec quelques repères pratiques pour préparer votre séjour. Car en Croatie, profiter du soleil sans vêtements peut être tout simple… dès lors que l’on respecte les lieux et les usages.
Où se trouve la Croatie sur la carte de l’Europe ?
La Croatie se situe au sud-est de l’Europe centrale, au bord de la mer Adriatique. Elle partage ses frontières avec la Slovénie au nord-ouest, la Hongrie au nord, la Serbie à l’est, ainsi qu’avec la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro au sud-est. De l’autre côté de l’Adriatique, l’Italie n’est jamais bien loin : par temps clair, certaines côtes semblent presque se répondre.
La forme du pays est particulière. À l’intérieur, la Croatie s’étend vers les plaines et les montagnes ; sur le littoral, elle s’étire en une succession de péninsules, de baies et d’îles. La côte adriatique croate compte plus d’un millier d’îles et d’îlots, même si seule une petite partie est habitée. Cette diversité rend les distances parfois trompeuses : un trajet qui paraît court sur la carte peut prendre du temps lorsque l’on emprunte une route côtière ou que l’on attend un ferry.
Pour préparer un séjour naturiste, retenez trois grands secteurs :
-
L’Istrie, au nord-ouest, près de la Slovénie et de l’Italie : pratique pour un premier voyage et réputée pour ses campings naturistes.
-
Le Kvarner, au centre du littoral nord, autour de Rijeka et des îles de Krk, Cres et Rab.
-
La Dalmatie, plus au sud, avec Split, Dubrovnik et de nombreuses îles baignées de lumière.
L’Istrie : une première escale facile à vivre
En forme de triangle, la péninsule d’Istrie est souvent le premier arrêt des voyageurs qui arrivent par la route depuis l’Europe centrale. Ses villes de pierre, ses villages perchés et ses criques rocheuses composent un décor où l’on passe volontiers d’une promenade à l’ombre à une baignade dans l’Adriatique. Poreč, Rovinj et Vrsar sont des repères utiles pour situer les principaux établissements naturistes de la région.
Autour de Rovinj, Valalta est une grande destination naturiste connue pour ses équipements et son accès à la mer. Plus au nord, près de Poreč, Solaris et Ulika figurent parmi les campings où l’on peut séjourner dans une ambiance naturiste. À proximité de Vrsar, le site de Koversada est lui aussi associé depuis longtemps au naturisme. Les offres et les zones accessibles pouvant évoluer, mieux vaut consulter les informations officielles avant de réserver, surtout si vous tenez à séjourner dans un secteur spécifiquement naturiste.
Ces établissements conviennent bien aux personnes qui aiment avoir les services à portée de main : emplacements, hébergements, commerces ou activités varient selon les sites. C’est aussi une manière rassurante de découvrir le naturisme en voyage, avec un cadre clairement identifié et des règles affichées. On peut ensuite partir explorer les environs, vêtue ou non selon le lieu — et toujours en respectant les indications locales.
Petit conseil de voyageuse : l’Istrie ne se résume pas à la plage. Accordez-vous une matinée à Rovinj, perdez-vous dans ses ruelles, puis revenez au bord de l’eau lorsque le soleil baisse. La peau garde la chaleur du jour, tandis que les clochers se découpent sur le ciel du soir : une transition que j’aime particulièrement.
Le Kvarner : des îles et des criques à explorer
En descendant vers le sud-est depuis l’Istrie, on rejoint le golfe du Kvarner. C’est une région de contrastes : la ville portuaire de Rijeka, des reliefs qui plongent dans la mer et plusieurs îles accessibles en ferry ou par des ponts. Krk est reliée au continent par un pont, tandis que Cres et Rab demandent une traversée maritime selon l’itinéraire choisi.
Sur l’île de Krk, le camping Bunculuka, près de Baška, est une adresse naturiste connue. La région offre aussi des criques et des plages de galets, mais il ne faut pas supposer qu’un endroit isolé autorise automatiquement la nudité : les usages peuvent varier d’une plage à l’autre. Cherchez les panneaux portant la mention « FKK », terme couramment utilisé en Europe pour signaler un espace naturiste, ou renseignez-vous auprès de votre hébergement.
Sur Rab, près de la ville du même nom, la plage de Kandarola est souvent citée parmi les plages naturistes historiques de l’Adriatique. L’île de Cres offre quant à elle de beaux paysages sauvages et des hébergements naturistes, dont le camping Baldarin, dans le sud de l’île. L’ambiance y est plus tranquille : ici, on vient autant pour le silence, les pins et les longues baignades que pour la vie de camping.
Sur une île, les détails pratiques comptent. Vérifiez les horaires de ferry, prévoyez de l’eau et des chaussures adaptées aux rochers. Les fonds sont parfois magnifiques, mais les galets peuvent être peu tendres avec les pieds. Une paire de sandales de baignade est souvent plus utile qu’un accessoire de plage sophistiqué — et prend moins de place dans le sac.
La Dalmatie : mer turquoise et horizons insulaires
Plus au sud, la Dalmatie déroule une côte spectaculaire, ponctuée de villes historiques et d’îles célèbres. Split, Zadar et Dubrovnik sont de bons points de repère sur une carte ; entre ces villes, les ferries desservent notamment Brač, Hvar et plusieurs autres îles. L’eau y est souvent d’une limpidité saisissante, mais les plages de sable sont moins fréquentes qu’on pourrait le croire : galets, rochers et dalles naturelles dominent.
Sur l’île de Brač, près de Bol, la plage de Paklina est connue pour ses zones naturistes. Sur Hvar, l’îlot de Jerolim, au large de la ville de Hvar, est également associé au naturisme. L’accès dépend des bateaux et des conditions du jour : renseignez-vous sur les liaisons avant de partir, et prévoyez de quoi vous protéger du soleil. Sur ces petites îles, l’ombre peut être rare et le soleil, lui, n’a pas besoin d’invitation.
Près de Makarska, la crique de Nugal est parfois présentée comme un lieu où la nudité est pratiquée. Son accès, par un sentier côtier, peut être escarpé et les conditions locales sont susceptibles de changer. Ne la confondez pas avec une plage naturiste officiellement aménagée : vérifiez les indications sur place et respectez les autres baigneurs. En Dalmatie plus qu’ailleurs, une crique discrète n’est pas nécessairement une zone naturiste.
Les grandes villes dalmates offrent une autre façon de compléter le séjour. Après une journée au bord de l’eau, flâner dans les ruelles de Split ou sur les remparts de Dubrovnik permet de découvrir une histoire riche et une architecture remarquable. Pensez simplement à respecter les règles vestimentaires des sites culturels : la liberté de la plage ne se transpose pas à tous les lieux.
Comment choisir sa destination naturiste ?
La bonne région dépend de votre façon de voyager. Pour un premier séjour, l’Istrie est pratique grâce à ses campings bien établis et à ses villes proches. Si vous rêvez d’îles, de petits ports et de journées rythmées par les traversées, le Kvarner et la Dalmatie offrent davantage de possibilités d’itinérance. Les voyageurs en famille apprécieront souvent les établissements avec services et espaces clairement organisés ; les amateurs de calme préféreront peut-être une île moins animée ou un séjour hors saison.
-
Vous voyagez en voiture ? L’Istrie et Krk sont des choix simples pour limiter les traversées. Vérifiez toutefois les conditions de circulation et de stationnement en haute saison.
-
Vous voulez visiter plusieurs îles ? Construisez votre itinéraire autour des ferries, et non l’inverse. Les horaires peuvent être réduits hors saison et les places pour les véhicules sont limitées sur certaines liaisons.
-
Vous cherchez un séjour encadré ? Réservez dans un camping ou un établissement naturiste, en vérifiant les services, les règles et les espaces réellement accessibles sans vêtements.
-
Vous préférez les criques sauvages ? Renseignez-vous localement, emportez de l’eau et ne laissez aucun déchet. La beauté d’un lieu isolé tient aussi à ce qu’on choisit de ne pas y abandonner.
Quelques repères pour profiter de la plage en toute sérénité
En Croatie, le naturisme est bien implanté dans certains campings et sur des plages signalées, mais cela ne signifie pas que la nudité est autorisée partout. Recherchez les panneaux « FKK », suivez les consignes de l’établissement et demandez conseil à l’office de tourisme ou à votre hébergeur. En cas de doute, gardez votre maillot : le respect des autres fait partie du plaisir de voyager.
La discrétion est également essentielle. Évitez de photographier les personnes sans leur accord, même si votre intention est simplement de garder un souvenir du paysage. Dans un espace naturiste, la nudité n’est pas une invitation à être observé ; elle va de pair avec le respect de l’intimité de chacun.
Enfin, les plages croates sont souvent rocheuses. Des chaussures d’eau, une serviette épaisse, de la crème solaire et une gourde rendent la journée beaucoup plus confortable. Pensez aussi à vérifier l’accès avant de partir : certains sentiers sont escarpés, et toutes les criques ne conviennent pas aux jeunes enfants ou aux personnes ayant des difficultés à marcher.
Une côte à parcourir à son rythme
La carte de la Croatie révèle plusieurs voyages possibles : une semaine en Istrie entre baignades et villages, une escapade insulaire dans le Kvarner, ou un itinéraire plus long à travers la Dalmatie. On peut choisir un camping naturiste comme point d’ancrage, puis rayonner vers les marchés, les ports et les sentiers côtiers. Ou bien suivre la mer, étape après étape, en laissant les ferries dessiner le programme.
Ce que j’aime dans ces paysages, c’est cette sensation d’espace que procure l’Adriatique : les pins qui descendent vers les rochers, les îles qui se découpent au loin, le sel qui reste sur la peau après la baignade. Avec une carte, quelques renseignements pratiques et une attention sincère aux usages locaux, la Croatie se découvre avec liberté — et avec cette simplicité qui donne parfois aux vacances leur plus beau goût.
