À quelques minutes de bateau de Korčula, Badija semble flotter entre la mer et la forêt. On y vient pour se baigner, marcher à l’ombre des pins et faire une pause loin du bruit des rues. Mais peut-on y vivre une journée naturiste en toute tranquillité ? La réponse demande un peu de nuance : Badija est une île à découvrir avec respect, sans supposer que toutes ses criques sont des plages naturistes officielles.
Lors de mon séjour dans l’archipel, j’ai aimé cette sensation de partir pour une vraie escapade alors que la côte était encore tout près. Le trajet est court, mais le rythme change dès que le bateau s’éloigne du quai. Voici mes conseils pour préparer votre visite, profiter de l’île et choisir la bonne attitude si vous souhaitez vous baigner sans maillot.
Badija, une île boisée face à Korčula
Badija se trouve dans l’archipel de Korčula, au sud de la Dalmatie. Elle est connue pour son ancien monastère franciscain, ses sentiers bordés de pins et ses petites anses baignées par une eau limpide. L’île est en grande partie couverte de végétation, ce qui offre des coins ombragés bienvenus aux heures chaudes.
Le monastère est l’un des repères de la visite. Même si vous ne prévoyez pas de vous attarder sur l’histoire des lieux, sa présence donne à l’île une atmosphère particulière. On passe des pierres anciennes au bord de mer en quelques minutes, avec parfois la rencontre inattendue d’un daim. Ces animaux sont devenus l’une des curiosités de Badija. Ils sont habitués à voir des visiteurs, mais restent sauvages : observez-les à distance et ne leur donnez pas à manger.
Badija est une destination d’excursion plutôt qu’un lieu de séjour. On y vient généralement pour quelques heures, avec de quoi se baigner, marcher et déjeuner. Il ne faut pas s’attendre à trouver une ville, une grande plage aménagée ou une succession de boutiques. C’est justement ce qui fait son charme, à condition d’arriver préparé.
Comment rejoindre l’île
La solution la plus simple consiste à prendre un bateau depuis Korčula, souvent depuis la ville de Korčula ou les environs selon la saison et le service proposé. Des bateaux-taxis assurent généralement la traversée pendant les périodes fréquentées. Les horaires, les points d’embarquement et la fréquence peuvent varier : vérifiez les informations sur place ou auprès de votre hébergement avant de partir.
En haute saison, évitez de vous présenter au dernier moment si vous avez une contrainte de retour. Demandez où se trouve le quai de départ et à quelle heure le dernier bateau revient. Cela paraît évident, mais une après-midi de baignade peut faire oublier que l’on a laissé son moyen de transport de l’autre côté.
- Prévoyez de l’argent ou un moyen de paiement adapté au service de bateau proposé.
- Confirmez l’horaire du retour avant de débarquer.
- Renseignez-vous sur les conditions de navigation si le vent se lève.
- Si vous voyagez avec de jeunes enfants, gardez-les près de vous lors de l’embarquement et du débarquement.
La traversée est courte, mais elle donne déjà le ton de la journée. En quelques instants, les façades de Korčula s’éloignent et la mer devient le paysage principal. Je vous conseille de garder votre téléphone dans une poche facile d’accès pour les photos, mais de prendre aussi le temps de regarder autour de vous sans écran. Le trajet mérite sa petite place dans le voyage.
Badija est-elle adaptée au naturisme ?
Badija offre des criques et des portions de rivage où l’on peut trouver un peu de calme, mais il ne faut pas la présenter comme une plage naturiste officiellement aménagée sans vérification locale. La fréquentation change selon l’endroit, l’heure et la saison. Certains visiteurs restent en maillot, d’autres recherchent des coins plus discrets. La présence de baigneurs habillés à proximité impose de rester attentif et respectueux.
En Croatie, le naturisme est bien connu et plusieurs lieux disposent d’espaces clairement identifiés. Cela ne signifie pas pour autant que la nudité est automatiquement acceptée partout. Sur Badija, observez les panneaux, les usages du lieu et les personnes autour de vous. Si la plage est familiale ou très fréquentée, gardez votre maillot. Si vous trouvez une crique isolée où la pratique est manifestement tolérée, installez-vous sans vous imposer aux autres.
La règle la plus simple est aussi la plus importante : le naturisme se partage avec consentement et discrétion. Évitez de vous déshabiller près d’un groupe qui n’a rien demandé, ne photographiez jamais les autres baigneurs sans leur accord et ne transformez pas une crique tranquille en scène de spectacle. La liberté est plus belle quand chacun se sent à l’aise.
Si votre priorité est de pratiquer le naturisme dans un cadre explicitement prévu à cet effet, renseignez-vous auprès de l’office de tourisme ou de votre hébergement sur les plages naturistes reconnues dans la région de Korčula. Vous pourrez ainsi choisir une destination correspondant mieux à vos attentes, plutôt que de compter sur une tolérance incertaine.
Choisir son coin de baignade et respecter le rivage
Comme dans beaucoup d’îles dalmates, le bord de mer est souvent rocheux ou constitué de galets, plutôt que de sable fin. Les chaussures d’eau sont donc très utiles pour marcher jusqu’à l’eau et éviter de glisser sur les pierres. Les criques peuvent être séduisantes, mais toutes ne sont pas également faciles d’accès. Prenez le temps de regarder où vous posez les pieds, surtout si vous transportez un sac ou si la roche est humide.
Pour trouver un endroit agréable, avancez un peu depuis le point d’arrivée et observez les lieux avant de vous installer. Une anse isolée peut sembler parfaite à première vue, mais vérifiez qu’elle n’est pas un passage fréquenté ou un accès utilisé par les bateaux. Laissez toujours une zone de circulation libre et ne vous installez pas au bord d’un débarcadère.
Le fond marin est une invitation à sortir masque et tuba. Dans une eau claire, on distingue parfois les reliefs sous-marins depuis la surface. Restez néanmoins prudent : les rochers peuvent être coupants, les bateaux circulent près des côtes et les courants varient. Évitez de nager seul loin du rivage et ne surestimez pas vos forces, même lorsque la mer paraît calme.
Que mettre dans son sac
Badija est plus agréable quand on voyage léger, mais léger ne veut pas dire sans préparation. Les services disponibles peuvent être limités ou varier selon la période. Avant le départ, ne comptez pas sur la possibilité d’acheter tout ce qui vous manque sur l’île.
- De l’eau en quantité suffisante, surtout en été.
- Un repas ou quelques encas, si vous ne savez pas quels services seront ouverts.
- De la crème solaire, un chapeau et des lunettes de soleil.
- Des chaussures d’eau pour les rochers et les galets.
- Une serviette, un sac pour vos déchets et une pochette étanche.
- Un vêtement léger pour le trajet en bateau ou une promenade à l’ombre.
Pour se protéger du soleil, la crème solaire ne suffit pas. Cherchez l’ombre aux heures les plus chaudes, buvez régulièrement et couvrez-vous pour la marche. Les pins offrent des zones ombragées, mais elles ne remplacent pas une véritable protection si vous restez longtemps au bord de l’eau.
En voyage naturiste, j’ajoute volontiers une grande serviette facile à poser sur les rochers. Elle protège la peau, évite le contact direct avec les pierres et permet de se couvrir rapidement si l’on croise d’autres visiteurs. C’est un petit accessoire, mais il rend la journée plus confortable et les déplacements plus simples.
Marcher, observer, ralentir
Ne consacrez pas toute votre visite à la baignade. Les chemins de Badija invitent à une promenade tranquille entre les arbres, les pierres et les points de vue sur l’archipel. Une paire de chaussures adaptées est préférable aux tongs si vous souhaitez vous éloigner des zones les plus fréquentées.
La marche permet aussi de mieux comprendre le caractère de l’île. On y passe d’un rivage ouvert au soleil à une ombre fraîche sous les pins, puis l’on retrouve la mer entre les branches. J’aime ces transitions : elles rappellent qu’un séjour naturiste ne se résume pas à la nudité. Il peut aussi être une manière de prêter attention à son corps, à la chaleur du vent et au paysage que l’on traverse.
Si vous apercevez les daims, ne les poursuivez pas pour obtenir une photo de près. Laissez-leur de l’espace et évitez de les entourer. Une rencontre brève et paisible vaut mieux qu’une image parfaite obtenue en les dérangeant.
Avec des enfants ou en famille
Badija peut convenir à une sortie familiale si chacun apprécie les lieux naturels et si vous préparez la journée en conséquence. Les rochers, le soleil et les déplacements en bateau demandent une attention constante aux plus jeunes. Choisissez un point de baignade facile d’accès et installez-vous loin des zones où les bateaux manœuvrent.
Si vous voyagez en famille et souhaitez pratiquer le naturisme, assurez-vous que le lieu choisi convient aussi aux autres visiteurs. Expliquez aux enfants les règles de pudeur et de respect avec des mots simples : on ne regarde pas les autres avec insistance, on ne les photographie pas et chacun peut choisir de garder son maillot. Cette approche rend la journée plus sereine pour tout le monde.
La meilleure période pour visiter Badija
La période estivale est la plus simple pour trouver des bateaux, mais aussi celle où l’île reçoit le plus de visiteurs. Pour profiter d’une atmosphère plus paisible, partez tôt le matin ou choisissez les périodes de début et de fin de saison, en tenant compte des liaisons disponibles et de la météo. Au printemps et à l’automne, les services peuvent être moins fréquents : vérifiez-les avant de bâtir votre programme.
Les journées de forte chaleur sont moins agréables pour marcher. Une arrivée matinale permet de profiter de l’île avant les heures les plus chaudes, puis de se baigner lorsque la lumière est déjà belle. En fin d’après-midi, la mer prend souvent des couleurs plus douces, mais gardez un œil sur l’heure du retour.
Une escapade à vivre avec simplicité
Badija n’a pas besoin d’artifices pour séduire : un trajet en bateau, des pins qui bruissent dans le vent, une eau transparente et le silence d’un sentier suffisent. Pour une journée naturiste, elle peut être une belle parenthèse si vous acceptez de vous adapter aux usages locaux et de privilégier la discrétion. Ce n’est pas une plage naturiste garantie ; c’est une île à découvrir avec attention.
Avant de partir, vérifiez les bateaux, prévoyez eau et protection solaire, puis choisissez votre lieu de baignade en fonction de la fréquentation. Et si le cadre ne permet pas d’être nu confortablement, gardez votre maillot sans regret. La liberté, parfois, consiste aussi à respecter le moment, le lieu et les personnes qui le partagent avec nous.

